Nos Boursiers

Sélection des projets de recherche
Home / Nos Boursiers / Docteur Déborah SALIK

Docteur Déborah SALIK

Qualifications:
Diplôme Universitaire en dermatoscopie digitale – Université de Lyon 2017
Diplôme en Dermato-vénéréologie - Université Libre de Bruxelles, Belgique (CHU Saint-Pierre, Brugmann, HUDERF, Erasme) 2014
Diplôme de Docteur en médecine, chirurgie et accouchement –Université Libre de Bruxelles, Belgique 2010

Années bourse(s):
2018-2019: "Bourse Docteur Olivier Engels"



Le projet

Development of a genetic analysis method by mendeliomes and genomes in the diagnosis of genodermatoses and rare genetic diseases with cutaneous expression

Superviseurs du projet

Smits Guillaume

Laboratoire ou Hôpital la majeure partie du projet se déroule

- Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola (HUDERF)
- CHU Saint-Pierre
- IB2 - Interuniversity Institute of Bioinformatics in Brussels
- Centre de génétique humaine de l’ULB


Objectif du projet

The aim of this work will be to develop the genetic diagnosis of genodermatoses and pediatric rare diseases with cutaneous expression. This study will be done in two steps. Initially, a mendeliome (sequencing of 4000 genes related to rare diseases) will be proposed to all patients in the cohort, making possible to determine a diagnosis for part of the group. In a second time, cases not explained by mendeliome will be offered a genome sequencing supplemented by a transcriptome of their cutaneous cells (fibroblasts).
The secondary objective will be to determine relevant dermatological criteria leading to the systematic realization of a mendeliome, a genome and a transcriptome of fibroblasts. This approach will also allow to set up a diagnostic strategy accessible to all Belgian centers, enabling the recruitment of a large cohort. By this method, we plan to maximize the diagnosis rate in children with genodermatoses and if possible to highlight new genes responsible for rare pediatric diseases with cutaneous expression.


Résumé en français

Les génodermatoses sont un groupe hétérogène de maladies génétiques d’expression cutanée. Ces pathologies sont rares et leur incidence en Europe varie entre 1/6000 à 1/500000.
Leurs symptômes sont souvent présents dès la naissance ou très tôt dans la vie et peuvent être responsables d’une morbidité importante pouvant parfois engager le pronostic vital. Elles impactent la qualité de vie des enfants ainsi que celle de leur famille.
La collaboration de la génétique et de la dermatologie pédiatrique sont indispensables aujourd’hui afin d’établir un diagnostic précoce et d'optimiser la prise en charge de ces patients.
De multiples exemples dans la littérature scientifique démontre l’implication majeure de la génétique dans la prise en charge dermatologique.
C’est le cas du syndrome de Naxos ¹, caractérisé par la présence de cheveux laineux et d’une kératodermie palmoplantaire dès la première année de vie. Ce syndrome est dû à une mutation homozygote du gène de la plakoglobine (JUP) et se complique, à l’adolescence, d’une dysplasie ventriculaire droite arythmogène d’évolution lente et facilement contrôlée par un défibrillateur. Une phénotype similaire est retrouvé dans le syndrome de Carvajal ², associant également des cheveux laineux et kératodermie palmoplantaire mais associé à une atteinte préférentielle du ventricule gauche, menant à des arrêts cardiaques chez le petit enfant. Ce syndrome est dû à une mutation du gène DSP, codant pour la desmoplakine. Cet exemple illustre l’importance de la détermination génétique devant un phénotype semblable avec un pronostic d’évolution très différent.
Le deuxième intérêt de la génétique dans la caractérisation des génodermatoses est l’évolution des traitements vers la thérapie génique. En 2017, un jeune garçon atteint d’épidermolyse bulleuse sévère a reçu une greffe de peau de cellules génétiquement modifiées. L’épidermolyse bulleuse est une maladie génétique rare causée par une absence d’adhésion entre le derme et l’épiderme, responsable de la formation de bulles associée à des risques d’infection majeurs pouvant mener jusqu’au décès. Dans ce cas-ci, l’EB était de type jonctionnelle, dûe à une mutation du gène LAM3 qui produit une protéine d’ancrage du derme aux couches plus profondes de la peau. Une équipe de chercheurs Allemands et Italiens ont effectué une greffe de cellules souches. Des cellules ont été prélevées à partir de la peau
saine du patient. Les chercheurs, via un virus vecteur, y ont inséré une forme non mutée du gène LAM3 et ont cultivé in vitro les cellules génétiquement modifiées. Ils les ont ensuite greffés au patient avec succès.
Ces 2 exemples illustrent le lien étroit qui existe entre la dermatologie et la génétique. Le but de ce travail sera de développer le diagnostic génétique des génodermatoses et des maladies rares pédiatriques à expression cutanée.
L'objectif secondaire sera de déterminer des critères dermatologiques pertinents devant mener à la réalisation systématique d’un mendeliome, d’un génome et d’un transcriptome sur fibroblastes.
Deux types de patients seront concernés. Le premier groupe intéresse des patients présentant des symptômes dermatologiques évoquant une génodermatose rare.
Dans ce premier cas, le mendeliome confirmera le diagnostic et de décrire la mutation responsable. Cela permettra d’apporter des éléments nouveaux concernant la physiopathologie de la maladie et de les corréler aux différents phénotypes décrit.
Le second groupe concerne des patients dont la présentation clinique dermatologique est peu spécifique mais avec des symptômes systémiques, souvent sévères, au premier plan. Régulièrement, ce second groupe de patients a déjà fait l’objet d’investigations génétiques ciblés (caryotype, CGHarray, …) sans qu’une mutation n’ait permis d’expliquer la clinique.
Aujourd’hui, il existe une véritable limitation technique dans le diagnostic génétique des génodermatose, retardant leur prise en charge. Avec la collaboration du centre de génétique humaine de l’ULB et de l’IB2 - Interuniversity Institute of Bioinformatics in Brussels et, le but de ce travail sera de développer la lecture du mendeliome, du génome et du transcriptome pour les génodermatoses et les maladies génétiques rares à expression cutanée et de développer une stratégie diagnostique accessible à l’ensemble des centres pédiatriques belges.
La description des gènes responsables des génodermatoses et des maladies rares à expression cutanée est un outil indispensable afin de comprendre la physiopathologie des maladies, de mieux les classifier et indirectement de mieux comprendre les fonctions des protéines dans la peau saine. Cette meilleure compréhension optimalise le conseil génétique et le diagnostic anténatal. Elle permet de développer des stratégies de préventions des complications et ouvre la voie à la thérapie génique comme c’est le cas dans les épidermolyses bulleuses.
Ce type des thérapies ciblées sera rendue possible par la connaissance des mutations génétiques. Cela deviendra une condition indispensable dans notre future prise en charge thérapeutique.


Découvrez comment faire >